Une lanterne rouge au cœur des Cévennes

Sainte Croix Vallée Française est un village pittoresque au cœur du parc national des Cévennes. Le gardon serpente paisiblement, et offre une halte exquise aux Stevenson en puissance, qui, avec ou sans âne,  peuvent profiter sur l’une des berges, de la douceur des terrasses.

Impossible de résister à ces appels à l’hédonisme. Après quelques discussions, nous obtenons une table au restaurant l’Oultre.

Il est visiblement difficile de diner ici sans réservation. L’ouverture limitée entre juillet et septembre n’est pas étrangère à l’engouement des visiteurs. La rareté des lieux de restauration dans ce trésor de nature qu’est le parc national des Cévennes ne facilite pas les choses.

Pour avoir déjà eu la chance de venir ici, nous savons que, la truite aux amandes, la madeleine de Proust locale, devrait trôner dans la courte et efficace liste de plats.

Le menu (entrée, plat et dessert à 19€) propose des plats simples, à base de produits locaux.

A ce stade, la curiosité nous guide vers la carte des vins. Allons-nous trouver un vin à l’image de cette atmosphère ?

La carte est courte. Le commentaire « Sans souffre » associé au domaine Malaigue Bio prête à sourire. Nous reprenons vite notre sérieux pour faire un choix parmi cette sélection étonnante, dans laquelle les vins natures sont indiqués entre parenthèse.

A noter le prix des bouteilles de 14 à 16€ environ.  Ce qui, pour des vins nature servis au restaurant, n’est pas la norme…

Notre regard va vers le Languedoc, voisin généreux en vin des Cévennes.

Nous sommes notamment tentés par le domaine La Fontude, Cuvée Entremonde (40% carignan, 25% aramon, 25% grenache,10%cinsault)

Une Lanterne Rouge (Vin de table de France, Clos Fantine) fera finalement l’affaire. Ce vin est frais et gourmand. Les plats arrivent. Les légumes du jardin cuisinés ont trouvé leur compère.  Terroir et simplicité sont ici à l’honneur.

Sur le moment, nous ignorons que cette lanterne rouge est composée de deux cépages plutôt méconnus : l’aramon et le cinsault.

Une chose est sûre, nous sommes ravis de cette découverte et pas prêt d’oublier cette lanterne rouge.

L’oultre, 48110 SAINTE CROIX VALLEE FRANCAISE
Tél. : 0466447029

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« Sans soufre et sur le fruit »

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C’est un peu la marque de fabrique de La cave de l’insolite, rue de la Folie Méricourt. « Sans soufre et sur le fruit », voilà une formule qui résume assez bien l’état d’esprit de ce qui peut être vu comme une des nombreuses signatures du vin naturel, celui que nous aimons.

Voilà en tout cas une digne institution qui attendait repreneur depuis le départ de Michel Moulherat, ardent défenseur de la cause « naturelle » et maître spirituel de nombreux disciples de la place de Paris.

Une jeune équipe à la tête de ce bel endroit a visiblement fait le plein de bonnes intentions. Avec une déco à l’identique – son escalier en colimaçon, son ambiance vintage, et ses nombreux cartons de vin négligemment empilés non loin de la porte d’entrée -, le restaurant fleure bon l’adresse où l’on court boire un gorgeon de vendangé main.

L’accueil y est plutôt sympathique. La carte, relativement simple, semble s’accorder à la taille de la cuisine et aux prestations de ce type de cave.

Le jeune « sommelier » nous propose d’entrée de jeu un Rozetto rosé à bulles « sans soufre et sur le fruit ». Une entrée en matière pour le moins guillerette. Nous nous attardons sur la bouteille. « Tiens 49, c’est quel département ça ? ». Pas de réponse. Notre homme se lance : « c’est l’Anjou »! Il faut sortir son iPhone pour trouver « Maine et Loire ». « En voilà un qui ne connaît pas ses vins » diront les mauvaises langues… Nobody’s perfect. Et puis Monsieur n’est pas géographe, diront ses défenseurs.

Soit. Nous poursuivons les festivités avec une assiette de charcuteries et de fromages, copieuse et parfaite. Nous l’accompagnons d’un « Marne bleu ». Le jeune homme nous annonce un Syrah du Beaujolais. Après vérification, il s’agit d’un AOC vin de table provenant de la Drôme de Florian Looze et Cyril Alonso à l’origine de la maison P.U.R (production unique rebelle !). Décidément l’approximation relève de l’insolite chez notre sommelier en herbe…

Nous poursuivons la discussion autour d’un Touraine Pinot noir de Jacky et Pascal Preys, « sans soufre et sur le fruit ». C’était sans compter sur la mention « contient des sulfites » sur la bouteille. Cela finit par devenir gênant… Nous terminons par un verre de Saumur Champigny, que l’on ne prend même plus la peine de nous présenter.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la maison délivre le minimum syndical, l’information se résumant (mal) à ce que l’on peut lire sur l’étiquette. Doit-on mettre cela sur le compte de l’amateurisme, d’une salle bien pleine, d’un coup de fatigue ou d’une simple paresse ? Une chose est sûre, il est difficile de réduire ces doux breuvages à une seule formule : « sans soufre et sur le fruit ». Lors d’un précédent post, nous évoquions ces fameuses adresses parisiennes qui surfent sur la vague. La cave de l’insolite y ressemble étrangement. Michel, reviens !

LA CAVE DE L’INSOLITE
30, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
01 53 36 08 33

– Pour visiter le site de P.U.R, cliquez ici

– Pour visiter le site de Jacky et Pascal Preys, cliquez ici .

Ménilmontant voit la vie en Rose…val

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Voilà le genre d’adresse que l’on aime voir éclore à deux pas de chez soi. Si nous ne pouvons que regretter le départ de feu La Bouche, lieu iconique de la convivialité s’il en est, nous applaudissons des deux mains l’arrivée de Roseval au coin des rues d’Eupatoria et de Julien Lacroix, au coeur du village de Ménilmontant. Les amateurs de bonne chère et de boissons festives que nous sommes appréhendaient ce changement de propriétaire. Nous voici amplement rassurés.

Ouverte depuis le début du mois de juillet, la nouvelle maison affiche déjà complet. Il faut absolument réserver sous peine de repartir bredouille. Et attention, Roseval fait relâche les samedis et dimanches. Pas facile de trouver une place dans cette petite salle. Mais il faut s’armer de patience, l’adresse vaut le détour.

Tout commence par le délicieux sourire d’Erika, l’ex-sommelière du Chateaubriand, qui officie désormais ici. Au programme : menu unique et carte des vins courte mais efficace. « Qu’il est difficile de se restreindre sur la carte, de ne retenir que quelques noms parmi une cave bien plus fournie », tente de justifier cette mordue des vins naturels. La sélection n’a que plus de valeurs puisqu’elle n’a retenu pour ce jour que la crème de la crème. A noter la présence de nombreuses bouteilles venues d’Italie, de quoi multiplier les expériences.

Aux manettes, on retrouve les talentueux Chefs : Simone et Mickael. En salle, Clément et Erika, officient pour notre plus grand bonheur.

Notre choix est fait : ce sera l’accord Mets-vins. A chaque plat son nectar. Quoi de mieux pour découvrir les trésors cachés de cette maison. Erika propose une délicieuse sélection de vins qui sublime chacun des arômes des plats.

La raviole de Ricotta, couverte d’une chapelure de citron, dans un bouille de sardine est magnifiée avec un bien trop rare Terre d’Ombre de l’Anglore d’Eric Pfifferling. De quoi se réconcilier définitivement avec le rosé, un vin qui mérite d’être redécouvert grâce au travail de vignerons de cette trempe.

Le langhe nebbiolo Cantina del Pino (rouge), servit par la suite nous fait regretter de ne pas avoir choisi l’Italie pour destination de vacances cette année. Il accompagne à merveille une viande fondante.

La gourmandise nous incite fortement à faire une halte fromagère, bien enlevée par un Sauvignon de Touraine, Les Pichiaux de Noella Morantin.

Le lieu est à l’image de ses vins : vivant. Des accents italiens, anglais et américains donnent à l’endroit une sonorité cosmopolite à laquelle s’ajoute l’euphorie d’un doux enivrement. Le repas se termine en beauté par un pétillant naturel, au nom inconnu. Un prétexte pour y retourner !

D’ailleurs, aucune raison d’attendre puisque la terrasse devrait éclore sous peu et le mois d’août offrira alors un cadre propice à une dégustation de vins.

Restaurant Roseval, 1 rue d’Eupatoria, 75020, Paris
www.roseval.fr
09 53 56 24 14

menus à 35€ ou 42€ (avec fromage)
accord met-vins : 50 € / 57 €

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Coinstot Vino : l’étape coup de coeur

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3 vins pour l'été

L’abri qu’offre le passage des Panoramas a un charme décuplé tant l’averse fait rage à l’extérieur.  Nous nous retrouvons pour cette première dégustation dans ce lieu si familier qu’est Coinstot Vino. Difficile de passer à côté de cette adresse incontournable du 2e arrondissement. Un temple dédié à la dive bouteille… et aux vins naturels bien entendu.

Habitués à nous y évader le temps d’un déjeuner, loin du rythme effréné des grands boulevards, la sincérité et la simplicité des mets et des vins sélectionnés a eu raison de nous.

Guillaume Dupré nous accueille au comptoir. Il évoque son parcours et ses rencontres autour d’un petit blanc. Tout commence dans le Bordelais, avec l’apprentissage de la vinification et un mémoire sur la culture raisonnée. La révélation ? Il la doit aux bistrotiers et aux vignerons, après son arrivée à Paris en 2001. Il rencontre alors les Lapierre, Foyard, Courtois,… Tous forgent sa conviction et son amour pour le vin naturel. « Ce que j’ai étudié était aux antipodes », avoue-t-il.

Olivier Roche, également aux manettes de ce repaire d’amateurs discrets, se joint à la discussion.  Il rend hommage à Alain Segelle, celui qui leur a livré les premières clés, et à Jules Chauvet, vigneron, auteur de « L’esthétique du vin » (Jean-Paul Rocher éditeur) et père spirituel du vin naturel.

Le « vin naturel » est un domaine de rebelles, d’engagés et de passionnés. D’extrémistes aussi… Tel est le message que l’un et l’autre veulent faire passer. Quitte à se fâcher en évoquant ceux qui surfent sur la vague tout en étant à côté de leur pompe. « C’est très parisien comme univers », reconnaît Guillaume. Les détracteurs diront sans aucun doute « bobo parisien ». Il n’empêche, « il se passe quelque chose qui n’est pas anodin (…) en rapport à l’écologie ».

Pour Guillaume et Olivier, pas question de faire partie de cette école qui exclut. « Pour ceux-là, tu fais partie du milieu ou non ». Chez nos deux compères, le vin se veut généreux, convivial, altruiste. Une passion à partager immodérément.

Une fois que l’on y a goûté, « difficile d’envisager de revenir en arrière ». Et impossible de goûter à ces « vins de pharmaciens » où les intrants et autres sulfites finissent par prendre le dessus sur le pur produit de la vigne. Bien sûr un grand Bordeaux, de temps en temps, pourquoi pas. « Moi ça me gêne de boire des vins à ce prix là », avoue Olivier.
Petite interruption le temps de vérifier que la vitrine-cave est bien installée. 8°, ce sera donc le réglage de départ. Nous suivrons de près son remplissage.

Question remplissage, nos verres défilent. Cette fois-ci, c’est un rosé 2011, du clos du Tue-Boeuf (Thierry Puzelat), accompagné d’un comté fruité, découpé généreusement. L’occasion pour Guillaume de dévoiler ses coups de cœur du mois:

Tirage de printemps (10 à 12€ à emporter), un Bourgogne « A ligoter » avec une juste tension minérale, « ligoté » par Alice et Olivier de Moor

Mademoiselle M – 2010 (23 à 26€ à emporter), un Pouilly Fumé d’Alexandre Bain

La soif du mal 2001 (16 à 19€ à emporter), de Jean-François Nick

« Ces vins sont vivants », conclut Olivier. Un premier indice pour tenter d’expliquer cette passion.

Coinstot Vino
26 bis passage des Panoramas, 75002 Paris
01 44 82 08 54
http://coinstot-vino.com

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