Domaine Mesliand, l’histoire d’une conversion

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C’est l’histoire d’une conversion. Une mutation vers le tout bio. Stéphane Mesliand, à la tête du domaine éponyme, a fini par sauter le pas.  En deux ans, il a converti progressivement ses vignes au bio. Depuis août dernier, c’est enfin officiel. Les 14 hectares du domaine de Limeray, en Indre et Loire, sont certifiés agriculture biologique.

Pour ce jeune vigneron qui a repris le domaine familial il y a une quinzaine d’années, c’est une question de philosophie, de simple bon sens. « On ne peut pas continuer à polluer les sols sans rien dire ». Il faut stopper les produits de synthèse dont on use et abuse, non seulement pour l’agriculteur, mais aussi pour les consommateurs et l’environnement. Et d’ajouter,  « il faut préserver la diversité de la faune et de la flore. C’est primordial pour les vins de terroir ! »

P1020309Bien sûr, cela n’a pas été un choix simple. Un chamboulement, un bouleversement économique. Pas facile de renoncer à son plus gros client, un négociant qui achetait une bonne partie de la production. Il faut y ajouter le coût humain, avec des temps de passage du tracteur en augmentation, une main d’œuvre en hausse, une baisse des rendements qu’il va bien falloir compenser…

Le prix des bouteilles s’en ressent : 9% de hausse cette année. Impossible de faire autrement. Et puis il y a la récolte 2012, parmi les plus mauvaises. « J’ai perdu 80% de ma production », admet Stéphane Mesliand. « Pour être rentable, il faut tourner à 40 hectolitre/ha. Cette année, j’en ai fait 150 au total »… Avec 14 ha, les comptes sont vite faits.

P1020311Comment la clientèle a-t-elle pris la chose ? « L’accueil a été très bon. Il fallait y venir de toute façon, mais globalement, les gens s’en fichent. Cela ne leur pose aucun problème de voir le domaine passer au tout bio, dès lors que l’on ne devient pas un intégriste ». Stéphane Mesliand n’a rien du militant borné. D’ailleurs, il ne sait pas encore s’il fera apparaître la mention AB sur ses bouteilles, lui qui depuis des années déjà, travaille dans l’ombre pour ne pas trop soufrer ses vins. Ces rouges affichent 10 à 15 mg/l de So2 libre pour un total de 40 mg/l. Pour les blancs, le rapport monte respectivement à 20 et 60 mg/l, des taux inférieurs au maximum autorisé par Demeter. (Pour rappel l’Union européenne fixe les maxima à 160 pour les vins rouges et 210 pour les blancs…).

P1020318Et les vins alors ? Le gamay domine. On y trouve aussi du cabernet franc et du côt, un cépage qui à la cote en Touraine. « Il est plus facile à faire venir à maturité, mais a un seul impératif,  il faut des petits rendements ». Pour les blancs, du Chenin et du Sauvignon bien entendu.

On retiendra « Les Chemins blancs », un Touraine Amboise exclusivement composé de chenin sec vinifié en fût de chêne, un vin équilibré entre la pierre et le fruit. Ou bien les « Vieilles vignes », un 100% gamay rond à souhait, où le fruit est bien présent et les tanins sur la réserve. Plus structuré, « La Besaudière », un assemblage des trois cépages rouges, ou bien un nouveau venu, le « Côt’o », un 100% côt bien charpenté et très prometteur, qui mérite sans aucun doute de vieillir en cave. Question tarif, les « Veilles Vignes » démarrent à 5 euros et le Côt’o affiche 9 euros.

Des projets ? Stéphane Mesliand évoque un projet un peu fou, celui de mettre au point une appellation Amboise 100% bio. Une tâche immense. Pas facile de convaincre tous les producteurs. Mais l’idée fait son petit bonhomme de chemin. Ça aurait de la gueule, non ?

DOMAINE MESLIAND
15 BIS RUE D’ENFER
37530 LIMERAY
Tél. 02 47 30 11 15
Fax : 02 47 30 11 15
Mobile : 06 76 86 14 31
http://www.vin-mesliand-37.com

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Rencontre avec Alexandre Bain, producteur de Pouilly-Fumé

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Spring, Pierre précieuse, Mademoiselle M… Trois noms qui sonnent comme autant de promesses divines. Derrière ces trois Pouilly-Fumé, un producteur : Alexandre Bain. Le viticulteur de Tracy-Sur-Loire officie depuis cinq ans à la tête du domaine éponyme. Depuis l’origine, cet ancien chef de culture a une certaine idée du vin. Il a eu la chance, avoue-t-il, de pouvoir s’installer à son compte et de faire un produit naturel, sans ajouts, dans le respect de l’environnement, de la vigne et du raisin. Au total, 11 hectares de Sauvignon Blanc dédiés au meilleur des breuvages. 50.000 bouteilles par an. Il n’y en aura pas pour tout le monde…

Guillaume Dupré, un des deux patrons de Coinstot Vino, bar à vins du passage des Panoramas, ne tarit pas d’éloges sur Alexandre Bain. « Pour moi, c’est le vigneron qui a osé faire des Sauvignons surmaturés, avec de la pulpe, de la chair, sans intervention vulgaire dans la vigne et la vinification. Ce sont des vins purs, sincères, authentiques ».

Les auteurs de ce blog sont, inutile de le préciser, des grands fans des cuvées du domaine. Avec une mention très spéciale pour Mademoiselle M.

Cette dernière est sans aucun doute le vin le plus abouti. Le nectar est mis en bouteille après 20 mois passé en barriques. Nous avons dégusté un 2010 d’une rare intensité, avec des arômes de caramel, d’épices, voire même de fruit exotique, et une longueur en bouche étonnante.

Peut-on garder en cave les vins blancs d’Alexandre Bain ? Bien entendu, répond-il. Le 2010 est désormais disponible mais il convient de le réserver dans sa cave quelques temps. Il gagnera en maturité et sera encore plus exceptionnel.

« On boit en ce moment à la maison des 2007-2008. Il n’y a aucun caractère oxydatif. Ces vins ont gagné en élégance, en profondeur. On y retrouve des arômes de miel d’acacia, d’abricot sec, de raisin de Corinthe, d’une parfaite définition », confie le producteur.

Pour s’offrir une cuvée Spring, il faudra débourser environ 17 euros chez son caviste. Pour une cuvée Pierre précieuse, il faut compter 20 euros. Et 23 euros pour une bouteille de Mademoiselle M. Ce n’est pas donné, mais ça vaut vraiment le coup !

>>> Pour voir l’entretien vidéo avec Alexandre Bain, cliquez ici

Voir le site du domaine Alexandre Bain