Le jardinier poète de Belleville

Mis en avant

Gérard Joubert dans les vignes à Belleville

Une fois par an, le parc de Belleville (dans le 20ème arrondissement de Paris) se transforme en jardin pédagogique à l’occasion de la fête des jardins.

Il offre alors, à ceux qui auront le courage d’en atteindre le sommet, une rencontre avec ces rares vignes parisiennes.

Encore un peu essoufflés, nous rejoignons la présentation menée par l’oenologue des vignes du XIX et XXème arrondissements. Il nous explique son rapport au vin, le traitement de la vigne, les « vitamines », la récolte et la transformation. Il évoque des tisanes aux noms musicaux, des algues utiles pour filtrer le vin.

Vigne du clos des envierges

Qu’en est-il du soufre ? peut-on s’en passer ? Sa réponse est sans appel : « Du soufre est nécessaire pour stabiliser ce vin »… L’exposé se termine. Un véritable cours de chimie !

Silencieux jusque-là, le jardiner nous invite alors à en savoir un peu plus sur les vignes de Belleville. Un tout autre son de cloche : « La vigne est comme les êtres humains, elle doit souffrir, sinon, elle n’a rien a raconter ».

Il décrit alors les efforts de la vigne pour puiser dans le sol des oligoéléments. Voilà l’essentiel.

ImageCar cette vigne a une histoire à raconter : sa taille (guyot pour les connaisseurs), sa fragilité après le débourrement, sa floraison blanche, sa pollinisation, la fécondation puis la fructification… « Les oiseaux savent mieux que quiconque déceler le moment opportun pour profiter d’un raisin bien mûr. Ce sont eux qui nous indiquent que l’heure est venue ». Il poursuit, toujours avec autant de tendresse, en abordant le travail de nuit pour éviter l’oxydation du raisin. « Et ses roses au bout des allées ? « . « Ce sont des « Deneuve ». Elles prennent les mêmes maladies que les vignes, mais 48 heures avant. Cela permet de soigner les vignes à temps ».

Nous nous sentons comme des ignorants dont nous avions goûté avec le même plaisir la mise en bulle (dans la bande dessinée éponyme*). Cet étonnant personnage est jardinier au parc de Belleville depuis 1996. Il s’appelle Gérard Joubert. Un nom à retenir.

Car Gérard est un poète, un pionnier. Depuis longtemps déjà, il milite envers et contre tous pour les jardins naturels, ceux qui ont la liberté de s’exprimer. De quoi lui laisser plus de temps pour échanger et dialoguer…

Gérard, c’est une petite étincelle. De celles qui ouvrent grand les yeux et à qui l’ont dit merci.

* Les Ignorants, Etienne DAVODEAU, Ed. Futuropolis. (Un livre à lire absolument !)

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