« Sans soufre et sur le fruit »

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C’est un peu la marque de fabrique de La cave de l’insolite, rue de la Folie Méricourt. « Sans soufre et sur le fruit », voilà une formule qui résume assez bien l’état d’esprit de ce qui peut être vu comme une des nombreuses signatures du vin naturel, celui que nous aimons.

Voilà en tout cas une digne institution qui attendait repreneur depuis le départ de Michel Moulherat, ardent défenseur de la cause « naturelle » et maître spirituel de nombreux disciples de la place de Paris.

Une jeune équipe à la tête de ce bel endroit a visiblement fait le plein de bonnes intentions. Avec une déco à l’identique – son escalier en colimaçon, son ambiance vintage, et ses nombreux cartons de vin négligemment empilés non loin de la porte d’entrée -, le restaurant fleure bon l’adresse où l’on court boire un gorgeon de vendangé main.

L’accueil y est plutôt sympathique. La carte, relativement simple, semble s’accorder à la taille de la cuisine et aux prestations de ce type de cave.

Le jeune « sommelier » nous propose d’entrée de jeu un Rozetto rosé à bulles « sans soufre et sur le fruit ». Une entrée en matière pour le moins guillerette. Nous nous attardons sur la bouteille. « Tiens 49, c’est quel département ça ? ». Pas de réponse. Notre homme se lance : « c’est l’Anjou »! Il faut sortir son iPhone pour trouver « Maine et Loire ». « En voilà un qui ne connaît pas ses vins » diront les mauvaises langues… Nobody’s perfect. Et puis Monsieur n’est pas géographe, diront ses défenseurs.

Soit. Nous poursuivons les festivités avec une assiette de charcuteries et de fromages, copieuse et parfaite. Nous l’accompagnons d’un « Marne bleu ». Le jeune homme nous annonce un Syrah du Beaujolais. Après vérification, il s’agit d’un AOC vin de table provenant de la Drôme de Florian Looze et Cyril Alonso à l’origine de la maison P.U.R (production unique rebelle !). Décidément l’approximation relève de l’insolite chez notre sommelier en herbe…

Nous poursuivons la discussion autour d’un Touraine Pinot noir de Jacky et Pascal Preys, « sans soufre et sur le fruit ». C’était sans compter sur la mention « contient des sulfites » sur la bouteille. Cela finit par devenir gênant… Nous terminons par un verre de Saumur Champigny, que l’on ne prend même plus la peine de nous présenter.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la maison délivre le minimum syndical, l’information se résumant (mal) à ce que l’on peut lire sur l’étiquette. Doit-on mettre cela sur le compte de l’amateurisme, d’une salle bien pleine, d’un coup de fatigue ou d’une simple paresse ? Une chose est sûre, il est difficile de réduire ces doux breuvages à une seule formule : « sans soufre et sur le fruit ». Lors d’un précédent post, nous évoquions ces fameuses adresses parisiennes qui surfent sur la vague. La cave de l’insolite y ressemble étrangement. Michel, reviens !

LA CAVE DE L’INSOLITE
30, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
01 53 36 08 33

– Pour visiter le site de P.U.R, cliquez ici

– Pour visiter le site de Jacky et Pascal Preys, cliquez ici .

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Coinstot Vino : l’étape coup de coeur

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3 vins pour l'été

L’abri qu’offre le passage des Panoramas a un charme décuplé tant l’averse fait rage à l’extérieur.  Nous nous retrouvons pour cette première dégustation dans ce lieu si familier qu’est Coinstot Vino. Difficile de passer à côté de cette adresse incontournable du 2e arrondissement. Un temple dédié à la dive bouteille… et aux vins naturels bien entendu.

Habitués à nous y évader le temps d’un déjeuner, loin du rythme effréné des grands boulevards, la sincérité et la simplicité des mets et des vins sélectionnés a eu raison de nous.

Guillaume Dupré nous accueille au comptoir. Il évoque son parcours et ses rencontres autour d’un petit blanc. Tout commence dans le Bordelais, avec l’apprentissage de la vinification et un mémoire sur la culture raisonnée. La révélation ? Il la doit aux bistrotiers et aux vignerons, après son arrivée à Paris en 2001. Il rencontre alors les Lapierre, Foyard, Courtois,… Tous forgent sa conviction et son amour pour le vin naturel. « Ce que j’ai étudié était aux antipodes », avoue-t-il.

Olivier Roche, également aux manettes de ce repaire d’amateurs discrets, se joint à la discussion.  Il rend hommage à Alain Segelle, celui qui leur a livré les premières clés, et à Jules Chauvet, vigneron, auteur de « L’esthétique du vin » (Jean-Paul Rocher éditeur) et père spirituel du vin naturel.

Le « vin naturel » est un domaine de rebelles, d’engagés et de passionnés. D’extrémistes aussi… Tel est le message que l’un et l’autre veulent faire passer. Quitte à se fâcher en évoquant ceux qui surfent sur la vague tout en étant à côté de leur pompe. « C’est très parisien comme univers », reconnaît Guillaume. Les détracteurs diront sans aucun doute « bobo parisien ». Il n’empêche, « il se passe quelque chose qui n’est pas anodin (…) en rapport à l’écologie ».

Pour Guillaume et Olivier, pas question de faire partie de cette école qui exclut. « Pour ceux-là, tu fais partie du milieu ou non ». Chez nos deux compères, le vin se veut généreux, convivial, altruiste. Une passion à partager immodérément.

Une fois que l’on y a goûté, « difficile d’envisager de revenir en arrière ». Et impossible de goûter à ces « vins de pharmaciens » où les intrants et autres sulfites finissent par prendre le dessus sur le pur produit de la vigne. Bien sûr un grand Bordeaux, de temps en temps, pourquoi pas. « Moi ça me gêne de boire des vins à ce prix là », avoue Olivier.
Petite interruption le temps de vérifier que la vitrine-cave est bien installée. 8°, ce sera donc le réglage de départ. Nous suivrons de près son remplissage.

Question remplissage, nos verres défilent. Cette fois-ci, c’est un rosé 2011, du clos du Tue-Boeuf (Thierry Puzelat), accompagné d’un comté fruité, découpé généreusement. L’occasion pour Guillaume de dévoiler ses coups de cœur du mois:

Tirage de printemps (10 à 12€ à emporter), un Bourgogne « A ligoter » avec une juste tension minérale, « ligoté » par Alice et Olivier de Moor

Mademoiselle M – 2010 (23 à 26€ à emporter), un Pouilly Fumé d’Alexandre Bain

La soif du mal 2001 (16 à 19€ à emporter), de Jean-François Nick

« Ces vins sont vivants », conclut Olivier. Un premier indice pour tenter d’expliquer cette passion.

Coinstot Vino
26 bis passage des Panoramas, 75002 Paris
01 44 82 08 54
http://coinstot-vino.com

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