Dégustation avec Fabien Boisard

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Pour ce premier rendez-vous, Fabien Boisard était une évidence. Il fallait descendre l’escalier du coinstot Vino pour venir découvrir le jeune homme et sa belle sélection. Pour un soir de fête, l’artisan-vigneron de Saint-Nicolas de Bourgueil est venu nous présenter le fruit de sa passion. C’est au coeur de l’atmosphère réconfortante des caisses de Quilles et autres délices dont Guillaume Dupré, l’hôte des lieux a le secret, que débute cette histoire.

Fabien, le sourire discret et l’air espiègle, nous fait vivre le cheminement de son travail. Le résultat d’un bon sens paysan au service de sa terre et de son terroir. Nous prenons conscience, au fur et à mesure, du niveau de son engagement, de sa volonté de donner les meilleures conditions à la vigne et au raisin (un travail de plusieurs années sur certaines parcelles).

« Ce n’est pas une science exacte » nous précise Fabien. Le ton est donné. Fabien n’est pas seul. Avec son frère et un associé, ils conduisent à eux trois ce projet, dans lequel, le respect, l’attention à la terre et le goût du partage, dictent les choix.

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Dans le domaine du Mortier, aucun compromis n’est possible. Les produits chimiques de synthèse y sont bannis. Que du biologique bien sûr (décoction d’orties, prêles, jeunes pousses d’osier…).  La maison n’utilise pas de levures ni autres artifices pour vinifier ses doux breuvages composés à 100% de raisins fermentés. Ici point de sulfite à la vendange, et encore moins lors de la vinification. Un petit ajout peut être fait lors de la mise en bouteille. Mais minime. Les vins affichent ici des niveaux de soufre très bas (Entre 9 et 16 mg/l de soufre libre).

Tandis que Fabien termine ses explications sur le travail mené jusqu’à la mise en bouteille, nos papilles frémissent à l’idée de se confronter à ces nombreux nectars.

GraviersNous débutons la dégustation avec une bouteille de Graviers. Cette belle étiquette bleue résonne encore en nous comme autant de souvenirs d’une première rencontre. C’est en foulant ces fameux Graviers que le domaine du Mortier est entré dans nos bouches. Un vin provenant de vignes de 30 ans issues d’une parcelle appelée «Les Pelouzes» .

Nous poursuivons avec Un second souffle. Pour la petite histoire, cette cuvée succède à celle appelée A bout de souffle, un vin qui n’a jamais cessé de travailler.  Ici, c’est une nouvelle histoire qui débute. Cette cuvée tout juste mise en bouteille (les 7 et 8 février), nous impressionne par sa finesse. Un vin dont la fougue a été bien maîtrisée.

Nous restons sur le cabernet franc, LE cépage du domaine, avec Les pins. Ce vin est d’une très belle matière. Fabien nous précise qu’il provient d’une petite parcelle, sur un sol argilo-calcaire en lisière de forêt.  Nous imagions le cheminement des racines dans ce sol, et trouvons, sans aucun doute, qu’elles ont fait un joli travail. En tout cas, ces Pins 2011 sont la promesse d’un avenir meilleur. Aucun doute que cette cuvée se révèlera d’ici quelques années.

Nous poursuivons avec un Dionysos 2010. Les vignes de 55 ans d’âge font résonance avec l’histoire du soir. Cette cuvée, ronde et puissante, nous charme. Nous avons eu l’extrême privilège de le connaître dans le précédent millésime en magnum. Un format d’exception. Ici, on retrouve un vin très équilibré qui gagne en profondeur et au potentiel énorme.

PiedsNous aurions été disposés à faire des pieds et des mains si cette cuvée ne nous avait pas été proposée dans la dégustation. Les regards se croisent. Sourires et clins d’oeil en disent long pour célébrer cette dive bouteille de 2009. Ce vin a bénéficié d’un élevage de 24 mois en fût de chêne. Pas de chaptalisation ni de levurage, et encore moins de soufre lors de la mise en bouteille. Le taux de soufre total parle de lui-même : 16 mg/l. Nous atteignons ici un sommet de finesse avec une très belle minéralité.

Nous terminons la dégustation avec une expérimentation. Voilà une cuvée magique, de 250 bouteilles. Inutile de vous en dire plus, elles ont toutes disparu, et, nous devons le reconnaître, nous étions de toute façon, bien démunis pour vous décrire tout la plaisir ressenti avec cette dernière cuvée.

180

Mais Fabien nous l’assure, et nous rassure. L’aventure 180 jours n’était qu’un début. Cette fois-ci 5 barriques ont été réquisitionnées pour renouveler ce pari. Avec le risque de tout perdre. Mais n’est-ce pas le lot de toutes celles et tous ceux qui ont choisi de laisser parler la nature ?

Pour les amoureux des bons vins, pour les chanceux qui ont profité de cet apéro et pour les connaisseurs du travail de Fabien, vous pouvez nous contacter pour passer votre commande des vins indiqués ci-dessus.

Contact : BOISARD FILS – 37140 ST NICOLAS DE BOURGUEIL, Port. 06.71.62.37.38
http://www.boisard-fils.com/

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Domaine Mesliand, l’histoire d’une conversion

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C’est l’histoire d’une conversion. Une mutation vers le tout bio. Stéphane Mesliand, à la tête du domaine éponyme, a fini par sauter le pas.  En deux ans, il a converti progressivement ses vignes au bio. Depuis août dernier, c’est enfin officiel. Les 14 hectares du domaine de Limeray, en Indre et Loire, sont certifiés agriculture biologique.

Pour ce jeune vigneron qui a repris le domaine familial il y a une quinzaine d’années, c’est une question de philosophie, de simple bon sens. « On ne peut pas continuer à polluer les sols sans rien dire ». Il faut stopper les produits de synthèse dont on use et abuse, non seulement pour l’agriculteur, mais aussi pour les consommateurs et l’environnement. Et d’ajouter,  « il faut préserver la diversité de la faune et de la flore. C’est primordial pour les vins de terroir ! »

P1020309Bien sûr, cela n’a pas été un choix simple. Un chamboulement, un bouleversement économique. Pas facile de renoncer à son plus gros client, un négociant qui achetait une bonne partie de la production. Il faut y ajouter le coût humain, avec des temps de passage du tracteur en augmentation, une main d’œuvre en hausse, une baisse des rendements qu’il va bien falloir compenser…

Le prix des bouteilles s’en ressent : 9% de hausse cette année. Impossible de faire autrement. Et puis il y a la récolte 2012, parmi les plus mauvaises. « J’ai perdu 80% de ma production », admet Stéphane Mesliand. « Pour être rentable, il faut tourner à 40 hectolitre/ha. Cette année, j’en ai fait 150 au total »… Avec 14 ha, les comptes sont vite faits.

P1020311Comment la clientèle a-t-elle pris la chose ? « L’accueil a été très bon. Il fallait y venir de toute façon, mais globalement, les gens s’en fichent. Cela ne leur pose aucun problème de voir le domaine passer au tout bio, dès lors que l’on ne devient pas un intégriste ». Stéphane Mesliand n’a rien du militant borné. D’ailleurs, il ne sait pas encore s’il fera apparaître la mention AB sur ses bouteilles, lui qui depuis des années déjà, travaille dans l’ombre pour ne pas trop soufrer ses vins. Ces rouges affichent 10 à 15 mg/l de So2 libre pour un total de 40 mg/l. Pour les blancs, le rapport monte respectivement à 20 et 60 mg/l, des taux inférieurs au maximum autorisé par Demeter. (Pour rappel l’Union européenne fixe les maxima à 160 pour les vins rouges et 210 pour les blancs…).

P1020318Et les vins alors ? Le gamay domine. On y trouve aussi du cabernet franc et du côt, un cépage qui à la cote en Touraine. « Il est plus facile à faire venir à maturité, mais a un seul impératif,  il faut des petits rendements ». Pour les blancs, du Chenin et du Sauvignon bien entendu.

On retiendra « Les Chemins blancs », un Touraine Amboise exclusivement composé de chenin sec vinifié en fût de chêne, un vin équilibré entre la pierre et le fruit. Ou bien les « Vieilles vignes », un 100% gamay rond à souhait, où le fruit est bien présent et les tanins sur la réserve. Plus structuré, « La Besaudière », un assemblage des trois cépages rouges, ou bien un nouveau venu, le « Côt’o », un 100% côt bien charpenté et très prometteur, qui mérite sans aucun doute de vieillir en cave. Question tarif, les « Veilles Vignes » démarrent à 5 euros et le Côt’o affiche 9 euros.

Des projets ? Stéphane Mesliand évoque un projet un peu fou, celui de mettre au point une appellation Amboise 100% bio. Une tâche immense. Pas facile de convaincre tous les producteurs. Mais l’idée fait son petit bonhomme de chemin. Ça aurait de la gueule, non ?

DOMAINE MESLIAND
15 BIS RUE D’ENFER
37530 LIMERAY
Tél. 02 47 30 11 15
Fax : 02 47 30 11 15
Mobile : 06 76 86 14 31
http://www.vin-mesliand-37.com

Au coeur d’InVinoBio

Ce blog est né d’une rencontre, celle de deux amoureux des vins naturels, lors d’un dîner mémorable aux Deux Amis (45, rue Oberkampf, Paris 11e). Nous dégustions une jolie « quille ». Et au milieu de discussions enflammées,  une révélation !

Pourquoi ne pas partager plus largement ces merveilles ? Faut-il réserver ces nectars à quelques « spots » ?

La deuxième bouteille eut le dernier mot. Nous voici donc partis pour promouvoir ces vins et, au passage, poursuivre notre quête « d’ivresse nature ».

L’accord fut tacite. Le choc de nos deux verres levés suffit à nous comprendre.

Cette folie d’un soir, nous ne souhaitons pas qu’elle reste éphémère. La suite s’écrira au gré des rencontres et de nos coups de cœur.

Ce blog doit être un lieu d’échanges. N’hésitez pas à nous faire part de vos découvertes, et à très vite pour de prochaines aventures…