A propos invinobio

Aurélien est consultant en télécoms & médias et père de deux enfants. Il a découvert les vins naturels dans la vallée de la Loire, il y a près de 10 ans. En 2005, la rencontre avec Michel Moulherat et Romain Pennel à la cave de l'insolite a catalysé cette passion. Marco est journaliste et père de trois enfants. Il a découvert les vins naturels en chroniquant les tables parisiennes dans un blog gastronomique pendant plus de trois ans. L'un et l'autre prennent plaisir à découvrir et à faire découvrir ces vins.

Le jardinier poète de Belleville

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Gérard Joubert dans les vignes à Belleville

Une fois par an, le parc de Belleville (dans le 20ème arrondissement de Paris) se transforme en jardin pédagogique à l’occasion de la fête des jardins.

Il offre alors, à ceux qui auront le courage d’en atteindre le sommet, une rencontre avec ces rares vignes parisiennes.

Encore un peu essoufflés, nous rejoignons la présentation menée par l’oenologue des vignes du XIX et XXème arrondissements. Il nous explique son rapport au vin, le traitement de la vigne, les « vitamines », la récolte et la transformation. Il évoque des tisanes aux noms musicaux, des algues utiles pour filtrer le vin.

Vigne du clos des envierges

Qu’en est-il du soufre ? peut-on s’en passer ? Sa réponse est sans appel : « Du soufre est nécessaire pour stabiliser ce vin »… L’exposé se termine. Un véritable cours de chimie !

Silencieux jusque-là, le jardiner nous invite alors à en savoir un peu plus sur les vignes de Belleville. Un tout autre son de cloche : « La vigne est comme les êtres humains, elle doit souffrir, sinon, elle n’a rien a raconter ».

Il décrit alors les efforts de la vigne pour puiser dans le sol des oligoéléments. Voilà l’essentiel.

ImageCar cette vigne a une histoire à raconter : sa taille (guyot pour les connaisseurs), sa fragilité après le débourrement, sa floraison blanche, sa pollinisation, la fécondation puis la fructification… « Les oiseaux savent mieux que quiconque déceler le moment opportun pour profiter d’un raisin bien mûr. Ce sont eux qui nous indiquent que l’heure est venue ». Il poursuit, toujours avec autant de tendresse, en abordant le travail de nuit pour éviter l’oxydation du raisin. « Et ses roses au bout des allées ? « . « Ce sont des « Deneuve ». Elles prennent les mêmes maladies que les vignes, mais 48 heures avant. Cela permet de soigner les vignes à temps ».

Nous nous sentons comme des ignorants dont nous avions goûté avec le même plaisir la mise en bulle (dans la bande dessinée éponyme*). Cet étonnant personnage est jardinier au parc de Belleville depuis 1996. Il s’appelle Gérard Joubert. Un nom à retenir.

Car Gérard est un poète, un pionnier. Depuis longtemps déjà, il milite envers et contre tous pour les jardins naturels, ceux qui ont la liberté de s’exprimer. De quoi lui laisser plus de temps pour échanger et dialoguer…

Gérard, c’est une petite étincelle. De celles qui ouvrent grand les yeux et à qui l’ont dit merci.

* Les Ignorants, Etienne DAVODEAU, Ed. Futuropolis. (Un livre à lire absolument !)

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Rencontre avec Alexandre Bain, producteur de Pouilly-Fumé

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Spring, Pierre précieuse, Mademoiselle M… Trois noms qui sonnent comme autant de promesses divines. Derrière ces trois Pouilly-Fumé, un producteur : Alexandre Bain. Le viticulteur de Tracy-Sur-Loire officie depuis cinq ans à la tête du domaine éponyme. Depuis l’origine, cet ancien chef de culture a une certaine idée du vin. Il a eu la chance, avoue-t-il, de pouvoir s’installer à son compte et de faire un produit naturel, sans ajouts, dans le respect de l’environnement, de la vigne et du raisin. Au total, 11 hectares de Sauvignon Blanc dédiés au meilleur des breuvages. 50.000 bouteilles par an. Il n’y en aura pas pour tout le monde…

Guillaume Dupré, un des deux patrons de Coinstot Vino, bar à vins du passage des Panoramas, ne tarit pas d’éloges sur Alexandre Bain. « Pour moi, c’est le vigneron qui a osé faire des Sauvignons surmaturés, avec de la pulpe, de la chair, sans intervention vulgaire dans la vigne et la vinification. Ce sont des vins purs, sincères, authentiques ».

Les auteurs de ce blog sont, inutile de le préciser, des grands fans des cuvées du domaine. Avec une mention très spéciale pour Mademoiselle M.

Cette dernière est sans aucun doute le vin le plus abouti. Le nectar est mis en bouteille après 20 mois passé en barriques. Nous avons dégusté un 2010 d’une rare intensité, avec des arômes de caramel, d’épices, voire même de fruit exotique, et une longueur en bouche étonnante.

Peut-on garder en cave les vins blancs d’Alexandre Bain ? Bien entendu, répond-il. Le 2010 est désormais disponible mais il convient de le réserver dans sa cave quelques temps. Il gagnera en maturité et sera encore plus exceptionnel.

« On boit en ce moment à la maison des 2007-2008. Il n’y a aucun caractère oxydatif. Ces vins ont gagné en élégance, en profondeur. On y retrouve des arômes de miel d’acacia, d’abricot sec, de raisin de Corinthe, d’une parfaite définition », confie le producteur.

Pour s’offrir une cuvée Spring, il faudra débourser environ 17 euros chez son caviste. Pour une cuvée Pierre précieuse, il faut compter 20 euros. Et 23 euros pour une bouteille de Mademoiselle M. Ce n’est pas donné, mais ça vaut vraiment le coup !

>>> Pour voir l’entretien vidéo avec Alexandre Bain, cliquez ici

Voir le site du domaine Alexandre Bain

Première valse avec Mademoiselle M

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Coinstot Vino fêtait vendredi 5 octobre au soir ses « huîtres effervescentes ». Quésaco ? L’occasion de se réunir entre potes autour d’huîtres de premier choix, celles de Jean-Paul, ostréiculteur à Utah Beach, en Normandie, et de déguster les vins incroyables d’Alexandre Bain, producteur de Pouilly fumé, à Tracy-sur-Loire.

Invinobio pouvait difficilement passer à côté de ces rencontres. Guillaume Dupré, de chez Coinstot Vino, nous explique la genèse de ce rendez-vous annuel et le choix de ses deux convives. Jean-Paul nous délivre quant à lui le secret de ses huîtres spéciales.

Voir la vidéo entretien en cliquant ici : Coinstot Vino fête ses huîtres effervescentes

L’entretien avec Alexandre Bain fera l’objet d’un post ultérieur. Une chose est sûre, le charme de sa cuvée Mademoiselle M agit encore et toujours.

A noter le Sauvignon fort savoureux de Noëlla Morantin, Les Pichiaux, entre la pierre et l’anis. Un vrai régal.

Quand « foire aux vins » rime avec trouvaille

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Voilà une bien belle surprise en cette période ultra-commerciale des « foires aux vins ». C’est un peu à reculons que nous nous tournons vers ce genre d’opération, qui ressemble davantage à un déstockage massif des négociants, qu’à une vente pour amateurs de vins naturels. Et pourtant, en allant faire un petit tour du côté du Monoprix de la rue du Temple à Paris, nous avons trouvé une petite sélection plutôt attirante de vins vendus comme « bio », dont ce « Chemins de traverse » du Château la Baronne, de la famille Lignères, en Languedoc-Roussillon.

Un AOC Corbières composé à 34% de Carignan, 33% de Mourvèdre et 33% de Syrah. Et bien entendu un vin issu de raisins en agriculture biologique, non collé, non filtré, sans ajout de soufre.

Nous sommes sur un millésime 2010 fort attrayant. Les arômes de fruits se dégagent immédiatement en bouche. Les tanins restent équilibrés, sans véritable astringence. Voici un vin élégant qui se révèle après avoir été carafé. La légère effervescence disparaît alors et la note fortement alcoolisée du début s’atténue pour laisser la place à un vin très agréable à boire immédiatement. Quelques années de repos bien mérité ne seront toutefois pas de trop pour une très probable révélation.

La bouteille est à moins de 13 euros au Monoprix. Il faut se dépêcher…

Pour voir le site du château la Baronne, cliquez ici

Rencontre avec un toqué des Dentelles

Guy Jullien - Toqué des vins naturels

Guy Jullien – Toqué des vins naturels

Au dessus de la ligne Cairanne, Vacqueyras, Beaumes de Venise, près des dentelles de Montmirail, se trouve un village qui répond au doux nom de Suzette.

Non loin de ce petit village, Guy Jullien officie à la ferme de Saint Martin.

La ferme saint martin

La ferme Saint-Martin

L’occasion de déguster sur ce terroir argilo-calcaire des « Ventoux » du fond de la vallée, des « Côtes du Rhône » et des « Beaumes de Venise » en provenance des hauteurs. Un domaine de 25 hectares de vignes et 15 de forêt et de garrigue.

Nous entamons les festivités par un rosé d’Entrevon (50% Syrah, 25% Cinsault, 25% grenache), léger et fruité.

Pour la petite histoire, Aimé et Yvonne Jullien réunissent dans les années 50 deux petites propriétés pour constituer la ferme d’aujourd’hui. Ils se lancent alors dans la culture de la vigne, édifient leur cave sur les vestiges d’une ancienne chapelle « Saint Martin » du XIIe siècle. La première cuvée sort des tonneaux en 1964.

Place à la Gérine (50% Grenache, 25% Carignan, 25% Cinsault), un autre Ventoux présenté comme « facile, dynamique et délicat ».

Retour en 1979, année durant laquelle le fils Guy reprend les rênes du domaine avec son épouse Michèle. Avec eux, le domaine s’épanouira.

La vue de la Ferme Saint Martin

La vue de la Ferme Saint Martin

Suivent les Beaumes de Venise : un Terres Jaunes (80% Grenache, 20% Sirah) dont le nom renvoie à la couleur du sol argilo-calcaire (époque du Trias pour les amateurs…). Ces arômes de fruits noirs et de cerise nous comblent.

Nous enchaînons avec un Saint Martin (85% Grenache, 15% de Syrah) issu des plus vieilles vignes du domaine (50 à 100 ans). 12 mois en foudres ont été nécessaires à sa maturation. Une invitation à la méditation avant de passer au Costancia (50% Grenache et 50% Syrah).  Ce dernier a grandi en altitude, sur des marnes grises et des éboulis calcaires avant de passer 24 mois en foudres.

Au terme de cette histoire et de cette dégustation, Guy Jullien nous décrit son engagement auprès de deux associations « Les Toqués Vignerons Paysans » (12 vignerons) et les « BioVentoux »(12 vignerons).

Guy Jullien

L’occasion pour lui de réunir des passionnés du vin et des amoureux du terroir autour d’une philosophie commune:

«Par conviction, nous cultivons toutes nos vignes en agriculture biologique (…) et vignifions nos vins naturellement.»

Nous devisons sur Suzette et Paris avant de prendre date pour un prochain rendez-vous à Paris, au restaurant « A la Marguerite », le 15 octobre 2012 en compagnie des Toqués Vignerons Paysans.

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Ferme Saint Martin
http://www.fermesaintmartin.com/
Earl Guy JULLIEN
84190 SUZETTE – France
Tél : 04 90629640

Notre sélection (de Suzette) :

  • Rosé d’Entrevon : de 6 à 7 € environ
  • La Gérine : de 6 à 7 € environ
  • St Martin : environ 12 €
  • Constancia : environ 13 €

Association les Bio Ventoux
www.lesbioventoux.fr

Restaurant A la marguerite
http://www.alamarguerite.com/
49 rue Berger 75001 Paris – 01.40.28.00.00

Une lanterne rouge au cœur des Cévennes

Sainte Croix Vallée Française est un village pittoresque au cœur du parc national des Cévennes. Le gardon serpente paisiblement, et offre une halte exquise aux Stevenson en puissance, qui, avec ou sans âne,  peuvent profiter sur l’une des berges, de la douceur des terrasses.

Impossible de résister à ces appels à l’hédonisme. Après quelques discussions, nous obtenons une table au restaurant l’Oultre.

Il est visiblement difficile de diner ici sans réservation. L’ouverture limitée entre juillet et septembre n’est pas étrangère à l’engouement des visiteurs. La rareté des lieux de restauration dans ce trésor de nature qu’est le parc national des Cévennes ne facilite pas les choses.

Pour avoir déjà eu la chance de venir ici, nous savons que, la truite aux amandes, la madeleine de Proust locale, devrait trôner dans la courte et efficace liste de plats.

Le menu (entrée, plat et dessert à 19€) propose des plats simples, à base de produits locaux.

A ce stade, la curiosité nous guide vers la carte des vins. Allons-nous trouver un vin à l’image de cette atmosphère ?

La carte est courte. Le commentaire « Sans souffre » associé au domaine Malaigue Bio prête à sourire. Nous reprenons vite notre sérieux pour faire un choix parmi cette sélection étonnante, dans laquelle les vins natures sont indiqués entre parenthèse.

A noter le prix des bouteilles de 14 à 16€ environ.  Ce qui, pour des vins nature servis au restaurant, n’est pas la norme…

Notre regard va vers le Languedoc, voisin généreux en vin des Cévennes.

Nous sommes notamment tentés par le domaine La Fontude, Cuvée Entremonde (40% carignan, 25% aramon, 25% grenache,10%cinsault)

Une Lanterne Rouge (Vin de table de France, Clos Fantine) fera finalement l’affaire. Ce vin est frais et gourmand. Les plats arrivent. Les légumes du jardin cuisinés ont trouvé leur compère.  Terroir et simplicité sont ici à l’honneur.

Sur le moment, nous ignorons que cette lanterne rouge est composée de deux cépages plutôt méconnus : l’aramon et le cinsault.

Une chose est sûre, nous sommes ravis de cette découverte et pas prêt d’oublier cette lanterne rouge.

L’oultre, 48110 SAINTE CROIX VALLEE FRANCAISE
Tél. : 0466447029

« Sans soufre et sur le fruit »

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C’est un peu la marque de fabrique de La cave de l’insolite, rue de la Folie Méricourt. « Sans soufre et sur le fruit », voilà une formule qui résume assez bien l’état d’esprit de ce qui peut être vu comme une des nombreuses signatures du vin naturel, celui que nous aimons.

Voilà en tout cas une digne institution qui attendait repreneur depuis le départ de Michel Moulherat, ardent défenseur de la cause « naturelle » et maître spirituel de nombreux disciples de la place de Paris.

Une jeune équipe à la tête de ce bel endroit a visiblement fait le plein de bonnes intentions. Avec une déco à l’identique – son escalier en colimaçon, son ambiance vintage, et ses nombreux cartons de vin négligemment empilés non loin de la porte d’entrée -, le restaurant fleure bon l’adresse où l’on court boire un gorgeon de vendangé main.

L’accueil y est plutôt sympathique. La carte, relativement simple, semble s’accorder à la taille de la cuisine et aux prestations de ce type de cave.

Le jeune « sommelier » nous propose d’entrée de jeu un Rozetto rosé à bulles « sans soufre et sur le fruit ». Une entrée en matière pour le moins guillerette. Nous nous attardons sur la bouteille. « Tiens 49, c’est quel département ça ? ». Pas de réponse. Notre homme se lance : « c’est l’Anjou »! Il faut sortir son iPhone pour trouver « Maine et Loire ». « En voilà un qui ne connaît pas ses vins » diront les mauvaises langues… Nobody’s perfect. Et puis Monsieur n’est pas géographe, diront ses défenseurs.

Soit. Nous poursuivons les festivités avec une assiette de charcuteries et de fromages, copieuse et parfaite. Nous l’accompagnons d’un « Marne bleu ». Le jeune homme nous annonce un Syrah du Beaujolais. Après vérification, il s’agit d’un AOC vin de table provenant de la Drôme de Florian Looze et Cyril Alonso à l’origine de la maison P.U.R (production unique rebelle !). Décidément l’approximation relève de l’insolite chez notre sommelier en herbe…

Nous poursuivons la discussion autour d’un Touraine Pinot noir de Jacky et Pascal Preys, « sans soufre et sur le fruit ». C’était sans compter sur la mention « contient des sulfites » sur la bouteille. Cela finit par devenir gênant… Nous terminons par un verre de Saumur Champigny, que l’on ne prend même plus la peine de nous présenter.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la maison délivre le minimum syndical, l’information se résumant (mal) à ce que l’on peut lire sur l’étiquette. Doit-on mettre cela sur le compte de l’amateurisme, d’une salle bien pleine, d’un coup de fatigue ou d’une simple paresse ? Une chose est sûre, il est difficile de réduire ces doux breuvages à une seule formule : « sans soufre et sur le fruit ». Lors d’un précédent post, nous évoquions ces fameuses adresses parisiennes qui surfent sur la vague. La cave de l’insolite y ressemble étrangement. Michel, reviens !

LA CAVE DE L’INSOLITE
30, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
01 53 36 08 33

– Pour visiter le site de P.U.R, cliquez ici

– Pour visiter le site de Jacky et Pascal Preys, cliquez ici .