Le Chapeau Melon : la cave 100% nature

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Le Chapeau-Melon fait partie de ces quelques adresses intimistes de l’Est parisien où il fait bon de se retrouver entre amis autour de doux et joyeux flacons. Pour y accéder, il ne faut pas hésiter à chausser ses bottes de cuir et remonter jusqu’à  la rue Rébeval, sur les hauteurs de Belleville.

IMG_20130914_215514La devanture annonce la couleur : caviste, table d’hôte, spécialiste de vins naturels. Une fois à l’intérieur, le message reste très clair : « in vinas no veritas ». Pas besoin de vous faire un dessin. La maison offre du bon vin à boire, qu’il soit de soif ou bien structuré, c’est selon…

Aux manettes, Olivier Camus, un des fondateurs du Baratin voisin et un des pionniers du vin naturel à Paris. S’il n’a rien d’un John Steed, il sera néanmoins le guide idéal pour vous aider à choisir la bouteille la plus adaptée à votre repas.

IMG_20130914_214145Le vin est à emporter ou bien à consommer sur place. Pour celles et ceux qui ont choisi la table d’hôtes, la maison propose un menu unique avec deux entrées parmi six propositions et un plat. Au programme ce soir-là, une terrine de foie de lotte au pimenton, des encornets grillés, des endives braisées, une terrine de bœuf sauce gribiche… En plat, un Porco Alentejano au coques et riz venere.

IMG_20130914_212706Nous entamons les festivités avec un Chardonnay de Dominique Lucas, un vin du pays d’Allobrogie, sur les bords du Lac Leman. Un breuvage bien rond avec une belle longueur en bouche. Puis nous enchaînons avec la cuvée Adonis du domaine de la Grapperie. Un AOC Coteaux du Loir, 100% Pinot d’Aunis, épicé et poivré à souhait. Deux petites merveilles.

IMG_20130914_225318Le Chapeau Melon dispose d’une vingtaine de couverts à tout casser. Il vaut mieux réserver si l’on veut être sûr de pouvoir s’asseoir. Et avoir la soirée devant soi. Le service se cale sur le rythme de la dégustation. Piano piano

Pour en savoir plus : www.lagrapperie.com

Le Chapeau-Melon
92, rue Rébeval
75019 Paris
01 42 02 68 60
Menu unique à 34,50€
Droit de bouchon de 9€ sur les bouteilles

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Dégustation avec Fabien Boisard

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Pour ce premier rendez-vous, Fabien Boisard était une évidence. Il fallait descendre l’escalier du coinstot Vino pour venir découvrir le jeune homme et sa belle sélection. Pour un soir de fête, l’artisan-vigneron de Saint-Nicolas de Bourgueil est venu nous présenter le fruit de sa passion. C’est au coeur de l’atmosphère réconfortante des caisses de Quilles et autres délices dont Guillaume Dupré, l’hôte des lieux a le secret, que débute cette histoire.

Fabien, le sourire discret et l’air espiègle, nous fait vivre le cheminement de son travail. Le résultat d’un bon sens paysan au service de sa terre et de son terroir. Nous prenons conscience, au fur et à mesure, du niveau de son engagement, de sa volonté de donner les meilleures conditions à la vigne et au raisin (un travail de plusieurs années sur certaines parcelles).

« Ce n’est pas une science exacte » nous précise Fabien. Le ton est donné. Fabien n’est pas seul. Avec son frère et un associé, ils conduisent à eux trois ce projet, dans lequel, le respect, l’attention à la terre et le goût du partage, dictent les choix.

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Dans le domaine du Mortier, aucun compromis n’est possible. Les produits chimiques de synthèse y sont bannis. Que du biologique bien sûr (décoction d’orties, prêles, jeunes pousses d’osier…).  La maison n’utilise pas de levures ni autres artifices pour vinifier ses doux breuvages composés à 100% de raisins fermentés. Ici point de sulfite à la vendange, et encore moins lors de la vinification. Un petit ajout peut être fait lors de la mise en bouteille. Mais minime. Les vins affichent ici des niveaux de soufre très bas (Entre 9 et 16 mg/l de soufre libre).

Tandis que Fabien termine ses explications sur le travail mené jusqu’à la mise en bouteille, nos papilles frémissent à l’idée de se confronter à ces nombreux nectars.

GraviersNous débutons la dégustation avec une bouteille de Graviers. Cette belle étiquette bleue résonne encore en nous comme autant de souvenirs d’une première rencontre. C’est en foulant ces fameux Graviers que le domaine du Mortier est entré dans nos bouches. Un vin provenant de vignes de 30 ans issues d’une parcelle appelée «Les Pelouzes» .

Nous poursuivons avec Un second souffle. Pour la petite histoire, cette cuvée succède à celle appelée A bout de souffle, un vin qui n’a jamais cessé de travailler.  Ici, c’est une nouvelle histoire qui débute. Cette cuvée tout juste mise en bouteille (les 7 et 8 février), nous impressionne par sa finesse. Un vin dont la fougue a été bien maîtrisée.

Nous restons sur le cabernet franc, LE cépage du domaine, avec Les pins. Ce vin est d’une très belle matière. Fabien nous précise qu’il provient d’une petite parcelle, sur un sol argilo-calcaire en lisière de forêt.  Nous imagions le cheminement des racines dans ce sol, et trouvons, sans aucun doute, qu’elles ont fait un joli travail. En tout cas, ces Pins 2011 sont la promesse d’un avenir meilleur. Aucun doute que cette cuvée se révèlera d’ici quelques années.

Nous poursuivons avec un Dionysos 2010. Les vignes de 55 ans d’âge font résonance avec l’histoire du soir. Cette cuvée, ronde et puissante, nous charme. Nous avons eu l’extrême privilège de le connaître dans le précédent millésime en magnum. Un format d’exception. Ici, on retrouve un vin très équilibré qui gagne en profondeur et au potentiel énorme.

PiedsNous aurions été disposés à faire des pieds et des mains si cette cuvée ne nous avait pas été proposée dans la dégustation. Les regards se croisent. Sourires et clins d’oeil en disent long pour célébrer cette dive bouteille de 2009. Ce vin a bénéficié d’un élevage de 24 mois en fût de chêne. Pas de chaptalisation ni de levurage, et encore moins de soufre lors de la mise en bouteille. Le taux de soufre total parle de lui-même : 16 mg/l. Nous atteignons ici un sommet de finesse avec une très belle minéralité.

Nous terminons la dégustation avec une expérimentation. Voilà une cuvée magique, de 250 bouteilles. Inutile de vous en dire plus, elles ont toutes disparu, et, nous devons le reconnaître, nous étions de toute façon, bien démunis pour vous décrire tout la plaisir ressenti avec cette dernière cuvée.

180

Mais Fabien nous l’assure, et nous rassure. L’aventure 180 jours n’était qu’un début. Cette fois-ci 5 barriques ont été réquisitionnées pour renouveler ce pari. Avec le risque de tout perdre. Mais n’est-ce pas le lot de toutes celles et tous ceux qui ont choisi de laisser parler la nature ?

Pour les amoureux des bons vins, pour les chanceux qui ont profité de cet apéro et pour les connaisseurs du travail de Fabien, vous pouvez nous contacter pour passer votre commande des vins indiqués ci-dessus.

Contact : BOISARD FILS – 37140 ST NICOLAS DE BOURGUEIL, Port. 06.71.62.37.38
http://www.boisard-fils.com/

Le roi est Vivant, vive le roi !

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Petit tour du côté de chez Vivant table ce vendredi pour le déjeuner. Il faut bien reconnaître que l’adresse de Pierre Jancou vaut le déplacement. Ne serait-ce que pour son boudin noir croustillant, salade d’encornets. Et que dire de cette petite salade d’onglet de bœuf fondant à souhait !

Vous enchaînez sur une poularde légumes racines et une joue de cochon braisée, et le tour est joué.

IMG_20130208_140548Tout cela arrosé d’un pur jus de chez Nicolas Carmarans, vigneron de l’Aveyron, L’Olto cuvée 2011, un délice. Un vin souple et frais qui éclate une fois en bouche. Le cépage ? Le Fer Servadou, également appelé Mansois dans l’Aveyron. Une vraie découverte.

IMG_20130208_144129A noter, le classement de la carte des vins. « Fruité et léger », « gourmand »… Si les producteurs ne vous disent rien, vous pouvez toujours faire confiance à l’hôte des lieux.

L’addition est assez salée pour un déjeuner, mais Vivant Table mérite vraiment le détour. Sans l’ombre d’un doute !

Vivant
43, rue des petites écuries
75010 Paris
01 42 46 43 55
http://www.vivantparis.com

Domaine Mesliand, l’histoire d’une conversion

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C’est l’histoire d’une conversion. Une mutation vers le tout bio. Stéphane Mesliand, à la tête du domaine éponyme, a fini par sauter le pas.  En deux ans, il a converti progressivement ses vignes au bio. Depuis août dernier, c’est enfin officiel. Les 14 hectares du domaine de Limeray, en Indre et Loire, sont certifiés agriculture biologique.

Pour ce jeune vigneron qui a repris le domaine familial il y a une quinzaine d’années, c’est une question de philosophie, de simple bon sens. « On ne peut pas continuer à polluer les sols sans rien dire ». Il faut stopper les produits de synthèse dont on use et abuse, non seulement pour l’agriculteur, mais aussi pour les consommateurs et l’environnement. Et d’ajouter,  « il faut préserver la diversité de la faune et de la flore. C’est primordial pour les vins de terroir ! »

P1020309Bien sûr, cela n’a pas été un choix simple. Un chamboulement, un bouleversement économique. Pas facile de renoncer à son plus gros client, un négociant qui achetait une bonne partie de la production. Il faut y ajouter le coût humain, avec des temps de passage du tracteur en augmentation, une main d’œuvre en hausse, une baisse des rendements qu’il va bien falloir compenser…

Le prix des bouteilles s’en ressent : 9% de hausse cette année. Impossible de faire autrement. Et puis il y a la récolte 2012, parmi les plus mauvaises. « J’ai perdu 80% de ma production », admet Stéphane Mesliand. « Pour être rentable, il faut tourner à 40 hectolitre/ha. Cette année, j’en ai fait 150 au total »… Avec 14 ha, les comptes sont vite faits.

P1020311Comment la clientèle a-t-elle pris la chose ? « L’accueil a été très bon. Il fallait y venir de toute façon, mais globalement, les gens s’en fichent. Cela ne leur pose aucun problème de voir le domaine passer au tout bio, dès lors que l’on ne devient pas un intégriste ». Stéphane Mesliand n’a rien du militant borné. D’ailleurs, il ne sait pas encore s’il fera apparaître la mention AB sur ses bouteilles, lui qui depuis des années déjà, travaille dans l’ombre pour ne pas trop soufrer ses vins. Ces rouges affichent 10 à 15 mg/l de So2 libre pour un total de 40 mg/l. Pour les blancs, le rapport monte respectivement à 20 et 60 mg/l, des taux inférieurs au maximum autorisé par Demeter. (Pour rappel l’Union européenne fixe les maxima à 160 pour les vins rouges et 210 pour les blancs…).

P1020318Et les vins alors ? Le gamay domine. On y trouve aussi du cabernet franc et du côt, un cépage qui à la cote en Touraine. « Il est plus facile à faire venir à maturité, mais a un seul impératif,  il faut des petits rendements ». Pour les blancs, du Chenin et du Sauvignon bien entendu.

On retiendra « Les Chemins blancs », un Touraine Amboise exclusivement composé de chenin sec vinifié en fût de chêne, un vin équilibré entre la pierre et le fruit. Ou bien les « Vieilles vignes », un 100% gamay rond à souhait, où le fruit est bien présent et les tanins sur la réserve. Plus structuré, « La Besaudière », un assemblage des trois cépages rouges, ou bien un nouveau venu, le « Côt’o », un 100% côt bien charpenté et très prometteur, qui mérite sans aucun doute de vieillir en cave. Question tarif, les « Veilles Vignes » démarrent à 5 euros et le Côt’o affiche 9 euros.

Des projets ? Stéphane Mesliand évoque un projet un peu fou, celui de mettre au point une appellation Amboise 100% bio. Une tâche immense. Pas facile de convaincre tous les producteurs. Mais l’idée fait son petit bonhomme de chemin. Ça aurait de la gueule, non ?

DOMAINE MESLIAND
15 BIS RUE D’ENFER
37530 LIMERAY
Tél. 02 47 30 11 15
Fax : 02 47 30 11 15
Mobile : 06 76 86 14 31
http://www.vin-mesliand-37.com

Le jardinier poète de Belleville

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Gérard Joubert dans les vignes à Belleville

Une fois par an, le parc de Belleville (dans le 20ème arrondissement de Paris) se transforme en jardin pédagogique à l’occasion de la fête des jardins.

Il offre alors, à ceux qui auront le courage d’en atteindre le sommet, une rencontre avec ces rares vignes parisiennes.

Encore un peu essoufflés, nous rejoignons la présentation menée par l’oenologue des vignes du XIX et XXème arrondissements. Il nous explique son rapport au vin, le traitement de la vigne, les « vitamines », la récolte et la transformation. Il évoque des tisanes aux noms musicaux, des algues utiles pour filtrer le vin.

Vigne du clos des envierges

Qu’en est-il du soufre ? peut-on s’en passer ? Sa réponse est sans appel : « Du soufre est nécessaire pour stabiliser ce vin »… L’exposé se termine. Un véritable cours de chimie !

Silencieux jusque-là, le jardiner nous invite alors à en savoir un peu plus sur les vignes de Belleville. Un tout autre son de cloche : « La vigne est comme les êtres humains, elle doit souffrir, sinon, elle n’a rien a raconter ».

Il décrit alors les efforts de la vigne pour puiser dans le sol des oligoéléments. Voilà l’essentiel.

ImageCar cette vigne a une histoire à raconter : sa taille (guyot pour les connaisseurs), sa fragilité après le débourrement, sa floraison blanche, sa pollinisation, la fécondation puis la fructification… « Les oiseaux savent mieux que quiconque déceler le moment opportun pour profiter d’un raisin bien mûr. Ce sont eux qui nous indiquent que l’heure est venue ». Il poursuit, toujours avec autant de tendresse, en abordant le travail de nuit pour éviter l’oxydation du raisin. « Et ses roses au bout des allées ? « . « Ce sont des « Deneuve ». Elles prennent les mêmes maladies que les vignes, mais 48 heures avant. Cela permet de soigner les vignes à temps ».

Nous nous sentons comme des ignorants dont nous avions goûté avec le même plaisir la mise en bulle (dans la bande dessinée éponyme*). Cet étonnant personnage est jardinier au parc de Belleville depuis 1996. Il s’appelle Gérard Joubert. Un nom à retenir.

Car Gérard est un poète, un pionnier. Depuis longtemps déjà, il milite envers et contre tous pour les jardins naturels, ceux qui ont la liberté de s’exprimer. De quoi lui laisser plus de temps pour échanger et dialoguer…

Gérard, c’est une petite étincelle. De celles qui ouvrent grand les yeux et à qui l’ont dit merci.

* Les Ignorants, Etienne DAVODEAU, Ed. Futuropolis. (Un livre à lire absolument !)

Rencontre avec Alexandre Bain, producteur de Pouilly-Fumé

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Spring, Pierre précieuse, Mademoiselle M… Trois noms qui sonnent comme autant de promesses divines. Derrière ces trois Pouilly-Fumé, un producteur : Alexandre Bain. Le viticulteur de Tracy-Sur-Loire officie depuis cinq ans à la tête du domaine éponyme. Depuis l’origine, cet ancien chef de culture a une certaine idée du vin. Il a eu la chance, avoue-t-il, de pouvoir s’installer à son compte et de faire un produit naturel, sans ajouts, dans le respect de l’environnement, de la vigne et du raisin. Au total, 11 hectares de Sauvignon Blanc dédiés au meilleur des breuvages. 50.000 bouteilles par an. Il n’y en aura pas pour tout le monde…

Guillaume Dupré, un des deux patrons de Coinstot Vino, bar à vins du passage des Panoramas, ne tarit pas d’éloges sur Alexandre Bain. « Pour moi, c’est le vigneron qui a osé faire des Sauvignons surmaturés, avec de la pulpe, de la chair, sans intervention vulgaire dans la vigne et la vinification. Ce sont des vins purs, sincères, authentiques ».

Les auteurs de ce blog sont, inutile de le préciser, des grands fans des cuvées du domaine. Avec une mention très spéciale pour Mademoiselle M.

Cette dernière est sans aucun doute le vin le plus abouti. Le nectar est mis en bouteille après 20 mois passé en barriques. Nous avons dégusté un 2010 d’une rare intensité, avec des arômes de caramel, d’épices, voire même de fruit exotique, et une longueur en bouche étonnante.

Peut-on garder en cave les vins blancs d’Alexandre Bain ? Bien entendu, répond-il. Le 2010 est désormais disponible mais il convient de le réserver dans sa cave quelques temps. Il gagnera en maturité et sera encore plus exceptionnel.

« On boit en ce moment à la maison des 2007-2008. Il n’y a aucun caractère oxydatif. Ces vins ont gagné en élégance, en profondeur. On y retrouve des arômes de miel d’acacia, d’abricot sec, de raisin de Corinthe, d’une parfaite définition », confie le producteur.

Pour s’offrir une cuvée Spring, il faudra débourser environ 17 euros chez son caviste. Pour une cuvée Pierre précieuse, il faut compter 20 euros. Et 23 euros pour une bouteille de Mademoiselle M. Ce n’est pas donné, mais ça vaut vraiment le coup !

>>> Pour voir l’entretien vidéo avec Alexandre Bain, cliquez ici

Voir le site du domaine Alexandre Bain

Première valse avec Mademoiselle M

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Coinstot Vino fêtait vendredi 5 octobre au soir ses « huîtres effervescentes ». Quésaco ? L’occasion de se réunir entre potes autour d’huîtres de premier choix, celles de Jean-Paul, ostréiculteur à Utah Beach, en Normandie, et de déguster les vins incroyables d’Alexandre Bain, producteur de Pouilly fumé, à Tracy-sur-Loire.

Invinobio pouvait difficilement passer à côté de ces rencontres. Guillaume Dupré, de chez Coinstot Vino, nous explique la genèse de ce rendez-vous annuel et le choix de ses deux convives. Jean-Paul nous délivre quant à lui le secret de ses huîtres spéciales.

Voir la vidéo entretien en cliquant ici : Coinstot Vino fête ses huîtres effervescentes

L’entretien avec Alexandre Bain fera l’objet d’un post ultérieur. Une chose est sûre, le charme de sa cuvée Mademoiselle M agit encore et toujours.

A noter le Sauvignon fort savoureux de Noëlla Morantin, Les Pichiaux, entre la pierre et l’anis. Un vrai régal.

Quand « foire aux vins » rime avec trouvaille

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Voilà une bien belle surprise en cette période ultra-commerciale des « foires aux vins ». C’est un peu à reculons que nous nous tournons vers ce genre d’opération, qui ressemble davantage à un déstockage massif des négociants, qu’à une vente pour amateurs de vins naturels. Et pourtant, en allant faire un petit tour du côté du Monoprix de la rue du Temple à Paris, nous avons trouvé une petite sélection plutôt attirante de vins vendus comme « bio », dont ce « Chemins de traverse » du Château la Baronne, de la famille Lignères, en Languedoc-Roussillon.

Un AOC Corbières composé à 34% de Carignan, 33% de Mourvèdre et 33% de Syrah. Et bien entendu un vin issu de raisins en agriculture biologique, non collé, non filtré, sans ajout de soufre.

Nous sommes sur un millésime 2010 fort attrayant. Les arômes de fruits se dégagent immédiatement en bouche. Les tanins restent équilibrés, sans véritable astringence. Voici un vin élégant qui se révèle après avoir été carafé. La légère effervescence disparaît alors et la note fortement alcoolisée du début s’atténue pour laisser la place à un vin très agréable à boire immédiatement. Quelques années de repos bien mérité ne seront toutefois pas de trop pour une très probable révélation.

La bouteille est à moins de 13 euros au Monoprix. Il faut se dépêcher…

Pour voir le site du château la Baronne, cliquez ici

« Sans soufre et sur le fruit »

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C’est un peu la marque de fabrique de La cave de l’insolite, rue de la Folie Méricourt. « Sans soufre et sur le fruit », voilà une formule qui résume assez bien l’état d’esprit de ce qui peut être vu comme une des nombreuses signatures du vin naturel, celui que nous aimons.

Voilà en tout cas une digne institution qui attendait repreneur depuis le départ de Michel Moulherat, ardent défenseur de la cause « naturelle » et maître spirituel de nombreux disciples de la place de Paris.

Une jeune équipe à la tête de ce bel endroit a visiblement fait le plein de bonnes intentions. Avec une déco à l’identique – son escalier en colimaçon, son ambiance vintage, et ses nombreux cartons de vin négligemment empilés non loin de la porte d’entrée -, le restaurant fleure bon l’adresse où l’on court boire un gorgeon de vendangé main.

L’accueil y est plutôt sympathique. La carte, relativement simple, semble s’accorder à la taille de la cuisine et aux prestations de ce type de cave.

Le jeune « sommelier » nous propose d’entrée de jeu un Rozetto rosé à bulles « sans soufre et sur le fruit ». Une entrée en matière pour le moins guillerette. Nous nous attardons sur la bouteille. « Tiens 49, c’est quel département ça ? ». Pas de réponse. Notre homme se lance : « c’est l’Anjou »! Il faut sortir son iPhone pour trouver « Maine et Loire ». « En voilà un qui ne connaît pas ses vins » diront les mauvaises langues… Nobody’s perfect. Et puis Monsieur n’est pas géographe, diront ses défenseurs.

Soit. Nous poursuivons les festivités avec une assiette de charcuteries et de fromages, copieuse et parfaite. Nous l’accompagnons d’un « Marne bleu ». Le jeune homme nous annonce un Syrah du Beaujolais. Après vérification, il s’agit d’un AOC vin de table provenant de la Drôme de Florian Looze et Cyril Alonso à l’origine de la maison P.U.R (production unique rebelle !). Décidément l’approximation relève de l’insolite chez notre sommelier en herbe…

Nous poursuivons la discussion autour d’un Touraine Pinot noir de Jacky et Pascal Preys, « sans soufre et sur le fruit ». C’était sans compter sur la mention « contient des sulfites » sur la bouteille. Cela finit par devenir gênant… Nous terminons par un verre de Saumur Champigny, que l’on ne prend même plus la peine de nous présenter.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la maison délivre le minimum syndical, l’information se résumant (mal) à ce que l’on peut lire sur l’étiquette. Doit-on mettre cela sur le compte de l’amateurisme, d’une salle bien pleine, d’un coup de fatigue ou d’une simple paresse ? Une chose est sûre, il est difficile de réduire ces doux breuvages à une seule formule : « sans soufre et sur le fruit ». Lors d’un précédent post, nous évoquions ces fameuses adresses parisiennes qui surfent sur la vague. La cave de l’insolite y ressemble étrangement. Michel, reviens !

LA CAVE DE L’INSOLITE
30, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
01 53 36 08 33

– Pour visiter le site de P.U.R, cliquez ici

– Pour visiter le site de Jacky et Pascal Preys, cliquez ici .

Ménilmontant voit la vie en Rose…val

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Voilà le genre d’adresse que l’on aime voir éclore à deux pas de chez soi. Si nous ne pouvons que regretter le départ de feu La Bouche, lieu iconique de la convivialité s’il en est, nous applaudissons des deux mains l’arrivée de Roseval au coin des rues d’Eupatoria et de Julien Lacroix, au coeur du village de Ménilmontant. Les amateurs de bonne chère et de boissons festives que nous sommes appréhendaient ce changement de propriétaire. Nous voici amplement rassurés.

Ouverte depuis le début du mois de juillet, la nouvelle maison affiche déjà complet. Il faut absolument réserver sous peine de repartir bredouille. Et attention, Roseval fait relâche les samedis et dimanches. Pas facile de trouver une place dans cette petite salle. Mais il faut s’armer de patience, l’adresse vaut le détour.

Tout commence par le délicieux sourire d’Erika, l’ex-sommelière du Chateaubriand, qui officie désormais ici. Au programme : menu unique et carte des vins courte mais efficace. « Qu’il est difficile de se restreindre sur la carte, de ne retenir que quelques noms parmi une cave bien plus fournie », tente de justifier cette mordue des vins naturels. La sélection n’a que plus de valeurs puisqu’elle n’a retenu pour ce jour que la crème de la crème. A noter la présence de nombreuses bouteilles venues d’Italie, de quoi multiplier les expériences.

Aux manettes, on retrouve les talentueux Chefs : Simone et Mickael. En salle, Clément et Erika, officient pour notre plus grand bonheur.

Notre choix est fait : ce sera l’accord Mets-vins. A chaque plat son nectar. Quoi de mieux pour découvrir les trésors cachés de cette maison. Erika propose une délicieuse sélection de vins qui sublime chacun des arômes des plats.

La raviole de Ricotta, couverte d’une chapelure de citron, dans un bouille de sardine est magnifiée avec un bien trop rare Terre d’Ombre de l’Anglore d’Eric Pfifferling. De quoi se réconcilier définitivement avec le rosé, un vin qui mérite d’être redécouvert grâce au travail de vignerons de cette trempe.

Le langhe nebbiolo Cantina del Pino (rouge), servit par la suite nous fait regretter de ne pas avoir choisi l’Italie pour destination de vacances cette année. Il accompagne à merveille une viande fondante.

La gourmandise nous incite fortement à faire une halte fromagère, bien enlevée par un Sauvignon de Touraine, Les Pichiaux de Noella Morantin.

Le lieu est à l’image de ses vins : vivant. Des accents italiens, anglais et américains donnent à l’endroit une sonorité cosmopolite à laquelle s’ajoute l’euphorie d’un doux enivrement. Le repas se termine en beauté par un pétillant naturel, au nom inconnu. Un prétexte pour y retourner !

D’ailleurs, aucune raison d’attendre puisque la terrasse devrait éclore sous peu et le mois d’août offrira alors un cadre propice à une dégustation de vins.

Restaurant Roseval, 1 rue d’Eupatoria, 75020, Paris
www.roseval.fr
09 53 56 24 14

menus à 35€ ou 42€ (avec fromage)
accord met-vins : 50 € / 57 €

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Coinstot Vino : l’étape coup de coeur

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3 vins pour l'été

L’abri qu’offre le passage des Panoramas a un charme décuplé tant l’averse fait rage à l’extérieur.  Nous nous retrouvons pour cette première dégustation dans ce lieu si familier qu’est Coinstot Vino. Difficile de passer à côté de cette adresse incontournable du 2e arrondissement. Un temple dédié à la dive bouteille… et aux vins naturels bien entendu.

Habitués à nous y évader le temps d’un déjeuner, loin du rythme effréné des grands boulevards, la sincérité et la simplicité des mets et des vins sélectionnés a eu raison de nous.

Guillaume Dupré nous accueille au comptoir. Il évoque son parcours et ses rencontres autour d’un petit blanc. Tout commence dans le Bordelais, avec l’apprentissage de la vinification et un mémoire sur la culture raisonnée. La révélation ? Il la doit aux bistrotiers et aux vignerons, après son arrivée à Paris en 2001. Il rencontre alors les Lapierre, Foyard, Courtois,… Tous forgent sa conviction et son amour pour le vin naturel. « Ce que j’ai étudié était aux antipodes », avoue-t-il.

Olivier Roche, également aux manettes de ce repaire d’amateurs discrets, se joint à la discussion.  Il rend hommage à Alain Segelle, celui qui leur a livré les premières clés, et à Jules Chauvet, vigneron, auteur de « L’esthétique du vin » (Jean-Paul Rocher éditeur) et père spirituel du vin naturel.

Le « vin naturel » est un domaine de rebelles, d’engagés et de passionnés. D’extrémistes aussi… Tel est le message que l’un et l’autre veulent faire passer. Quitte à se fâcher en évoquant ceux qui surfent sur la vague tout en étant à côté de leur pompe. « C’est très parisien comme univers », reconnaît Guillaume. Les détracteurs diront sans aucun doute « bobo parisien ». Il n’empêche, « il se passe quelque chose qui n’est pas anodin (…) en rapport à l’écologie ».

Pour Guillaume et Olivier, pas question de faire partie de cette école qui exclut. « Pour ceux-là, tu fais partie du milieu ou non ». Chez nos deux compères, le vin se veut généreux, convivial, altruiste. Une passion à partager immodérément.

Une fois que l’on y a goûté, « difficile d’envisager de revenir en arrière ». Et impossible de goûter à ces « vins de pharmaciens » où les intrants et autres sulfites finissent par prendre le dessus sur le pur produit de la vigne. Bien sûr un grand Bordeaux, de temps en temps, pourquoi pas. « Moi ça me gêne de boire des vins à ce prix là », avoue Olivier.
Petite interruption le temps de vérifier que la vitrine-cave est bien installée. 8°, ce sera donc le réglage de départ. Nous suivrons de près son remplissage.

Question remplissage, nos verres défilent. Cette fois-ci, c’est un rosé 2011, du clos du Tue-Boeuf (Thierry Puzelat), accompagné d’un comté fruité, découpé généreusement. L’occasion pour Guillaume de dévoiler ses coups de cœur du mois:

Tirage de printemps (10 à 12€ à emporter), un Bourgogne « A ligoter » avec une juste tension minérale, « ligoté » par Alice et Olivier de Moor

Mademoiselle M – 2010 (23 à 26€ à emporter), un Pouilly Fumé d’Alexandre Bain

La soif du mal 2001 (16 à 19€ à emporter), de Jean-François Nick

« Ces vins sont vivants », conclut Olivier. Un premier indice pour tenter d’expliquer cette passion.

Coinstot Vino
26 bis passage des Panoramas, 75002 Paris
01 44 82 08 54
http://coinstot-vino.com

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Les vins en vadrouille pour un nouveau salon

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Les vins du coin ont décidé de se promener (mais pas trop loin). Il sera donc possible de les retrouver  au salon les Vins d’à Côté.

Ce sera au Théâtre d’Orléans, les samedi 10 et dimanche 11 mars de 10h à 18h. Entrée 5h.

 

 

 

 

Ce sera l’occasion de retrouver les vignerons suivants :

  • BRUNO ALLION
  • BEATRICE ET MICHEL AUGE
  • OLIVIER BELLANGER
  • MIKAEL BOUGES
  • ALAIN COURTAULT ET SIMON TARDIEUX
  • JOEL COUTAULT
  • CHRISTOPHE FOUCHER
  • RENAUD GUETTIER
  • EMILE HEREDIA
  • OLIVIER LEMASSON
  • NOELLA MORANTIN
  • PASCAL POTAIRE ET MOSES GADOUCHE
  • THIERRY PUZELAT ET PIERRE-OLIVIER BONHOMME
  • JEAN-MARIE ET THIERRY PUZELAT
  • SYLVIANE, MICHEL ET ARNAUD QUENIOUX
  • JEAN-PIERRE ROBINOT
  • ANNE-CECILE ROY
  • JEROME SAUVETTE
  • LAURA SEMERIA
  • CYRILLE SEVIN
  • PASCAL SIMONUTTI
  • JEAN-LUC TESSIER
  • PHILIPPE TESSIER
  • BRENDAN TRACEY
  • HERVE VILLEMADE
  • SANDRA COUDERC ET LAURENT ROMANET

Compte tenu de l’ambiance qui règne habituellement au Vins du Coin, cela est plutôt inspirant pour également espérer en profiter aux vins d’à côté. Bonne chance pour ce nouveau salon.

Rencontre avec Noëlla Morantin

Noella Morantin

Noella Morantin

Un jour de grande pluie, en plein coeur de la Sologne, après une délicieuse route de forêt, nous voici arrivés « chez Charles », comme on dit chez les gens du coin. 

Noëlla Morantin débarque emmitouflée dans sa parka kaki, prête à affronter l’hiver. Cette jeune femme a troqué le marketing pour la vigne, au tournant du XXIe siècle. Une belle rencontre avec une Japonaise, et le tour était joué. La voici à Pouillé, à la tête d’un petit domaine dont on parle jusque dans le Pacifique.  Le temps d’attraper quelques verres et c’est parti pour une dégustation. 

Tout d’abord avec Les Pichiaux. C’est désormais une vieille connaissance. Ericka, la sommelière du Roseval, avait fait les présentations en juillet dernier. Ce sauvignon blanc frais et vif reste un pur régal. Une mise en jambe parfaite pour entrer dans le vif du sujet. 

Petite sélection Nous poursuivons avec Chez Charles, un jus de vignes plus vieilles, qui a sommeillé 12 mois en barrique. De quoi oublier le temps… Impossible par contre d’oublier le Cher,  cette rivière qui traverse le département et qui a droit à son vin éponyme, Mon Cher, un gamay ravissant à tout point de vue. L’étiquette des bouteilles reste un mystère. Pourquoi donc ce logo représentant un coeur fleuri, ose-t-on demander ?  Noëlla explique qu’il s’agit tout simplement de la décoration du puits dans la cour.

Après ce bref intermède, les affaires reprennent. Impossible de venir ici sans passer par cet étonnant cépage qu’est le cot. Noëlla dévoile son Côt à Côt. Nous savons déjà qu’il repartira avec nous.

Nous enchaînons avec un blanc pétillant, pas complètement sec, mais déjà prometteur. C’est une question de temps. Noëlla tient à ce qu’il ne soit pas trop trouble. Elle n’aime pas quand il y a « à boire et à manger ». De là son travail d’orfèvre. Son secret ? Un outil spécial fait par un tailleur de pierre.

L'outil magique

L’outil magique

Une démonstration de sa manipulation nous fait comprendre rapidement que l’exercice est périlleux. En retirant les levures, on peut facilement vider les bouteilles sur le sol…

Avant de partir, un petit dessert pour la route. Nous dégustons le vin encore en fermentation. C’est doux et sucré.

La pluie a cessé.  Il est temps de partir avec un merveilleux bouquet dans la bouche. Et puis les champignons n’attendent pas. Quoi de mieux pour accompagner Les Pichiaux !

Les bouteilles de Noëlla Morantin se font rares. L’année 2012 est une année à faible rendement. Et puis nos amis japonais, fortement allergiques aux soufres, ont droit à une quote part importante à l’export (Un tiers seulement de la production est proposé à la vente en France). 

Il ne faudra pas la rater aux salons des vins du coin et à la Dive Bouteille. Les plus téméraires iront au bout du monde, à Crozon. La cave de la presqu’île est une des adresses phares où trouver ses nectars. Un ami breton présent lors de cette dégustation en a fait son repère. 

Prix à la propriété:

  • Les Pichiaux : 8 euros
  • Chez Charles : 9,50 euros
  • Côt à Côt : 12 euros

– Domaine Noëlla Morantin, à Pouillé, Loir-et-Cher, tél. : 06 63 26 83 17.

– Cave de la presqu’ile, 1 rue Graveran 29160 Crozon

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Les vins du coin

Les vins du coin

Les vins du coin

« Les Vins du Coin » est une association qui réunit une trentaine de vignerons (pour la plupart, du Loir et Cher) autour d’un projet simple : « produire des vins honnêtes et… buvables ».

Derrière cette philosophie, et loin de toute arrogance, se cachent d’ardents défenseurs d’un vin respecteux de la terre.

Parmi ces vignerons, vous trouverez des connus et moins connus, des vignobles de 3 à 20ha, des nouvelles générations ou des référants de longue datemais, tous sont logés à la même enseigne : une sélection de trois bouteilles et cette même feuille qui nous accompagne avec notre provision pour le retour.

Ainsi, le salon des vins du coin et à l’image de ces vignerons, ouvert, (bio)-dynamique et favorisant les rencontres.

Les vignerons et visiteurs se croisent devant et derrière les comptoirs car tous sont animés de cette même envie de découverte.

Après deux années passées au Vins du Coin (dont une dans ce mythique Haras de Blois), l’impatience est de mise à l’idée de revenir le temps d’un week-end.

Ce sera les 1er et 2 décembre, à Blois, espace Jorge Semprun :

http://www.lesvinsducoin.com/